Nous sommes Jeudi

II – Lui 

Il y a un un piano installé au cœur de la Gare Montparnasse. En descendant je l’ai vu. Ce piano droit avec touches nacrées. Une femme y jouait un air connu. Des regards intrigués, des applaudissements timides de voyageurs de passage dans la gare. Quand la femme eu quitté le tabouret je m’y suis installé.. Après quelques notes hésitantes qui ont raisonné dans tout le hall, je me suis lancé. Au détours d’une valse joyeuse une jeune femme s’est approchée. Plus curieuse et plus courageuse que les autres, elle s’est approchée tout près. De grands yeux foncés et un visage humide. Pourtant il ne pleut pas. Avec une toute petite voix, elle m’a demandé si je ne  connaissais pas un air triste à jouer au piano.

Un air triste ? Sans trop réfléchir j’ai entamé le canon de Pachelbel. Ses yeux Se sont remplis de larmes et un grand sourire s’est dessiné sur ses lèvres. Pendant que je jouais elle s’en est allé. Disparaissant avec ses larmes et son sourire.

Nous sommes jeudi. Au fil des années, je me suis aperçu que le jeudi rendait triste. Le jeudi apporte une touche de fragilité à nos vies suspendues.

Nous sommes jeudi et près du piano, une femme a souri.

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