Warm Bodies sur vos écrans !


J’aime pas les morts-vivants, j’aime pas les trucs un peu dégueux  J’aime pas les bêtes méchantes et carrément dégueux.

Maiiiis, j’ai apprécié Warm Bodies

Bon, oui, je me suis caché les yeux dès que les Osseux (les très méchants qui veulent manger les mort-vivants et les vivants) apparaissaient à l’écran, mais ça ne m’a pas empêché de passer un bon moment.
C’est bourré d’humour,  de petits moments tendres, de gaffes et d’acteurs pas mauvais !




La bande son est aux petits oignons, elle rythme le film et allège les passages qui tirent un peu en longueur.

Cette histoire de zombies qui redeviennent humains grâce au début de romance entre R (un mort) et Julie (une vivante) est toute mignonne. C’est pour quoi, je conseille à tous les petits jeunes et les moins petits jeunes, parce qu’au final ça ne paye pas de mine, mais on se marre un bon coup.


Mention spéciale pour la « maison » de R. J’ai aimé l’esprit, l’ambiance, le décors… Je n’en dis pas plus sinon je vais finir par vous dire que c’est dans un avion où il entasse pleins de trucs. Et au final ça le rend tout meugnon et attachant. Et que moi aussi j’ai tendance à entasser et à récupérer pleins de trucs.

Par contre je déteste la plupart des affiches, elles ne reflètent pas du tout l’ambiance du film. 

A noter, que ça été tourné dans un vrai aéroport désaffecté.

Et le film ne dure pas deux heures trente. Juste une heure 37. Et ça, c’est chouette.

Voilà, Warm Bodies, en salle le 20 mars.



Mariage à Mendoza – Ciné

Article publié sur Les filles du web, un grand merci à Véronique !

Lorsque l’on part en voyage à l’autre bout du monde, on prend ses bagages, son billet d’avion, une carte, un guide.. Mais pas que. On emporte aussi ses joies, ses problèmes, son envie de découvrir, et ses (mauvaises) humeurs. Mariage à Mendoza, c’est ça. C’est un condensé de tous ces éléments essentiels au voyage.

mariage-a-mendoza

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Le soleil des Scorta de Laurent Gaudé

Pour Elio,
un peu de soleil de ces terres
qui coule dans tes veines
qu’il illumine ton regard

Le soleil des Scorta, c’est typiquement le livre qui ne me tente  pas aux premiers abords. Un titre bof, une couverture bof, un format bof, et une quatrième de couverture lu en diagonale. Mais c’est typiquement le genre de livre, que j’aime dès les premiers mots. Un style d’écriture poétique, une histoire dure et sensible. Un livre que je vais m’empresser d’ouvrir à chaque moments de stand by. C’est aussi le livre qui, une fois terminé, reste dans ma mémoire. Bref, un réel plaisir.

D’un côté l’auteur, a été Goncourt 2004. Certains Goncourt ne valent pas d’être lu (suivez mon regard), mais celui là. JE DIS OUI.
Idées un peu en vrac. C’est le cœur et la fatigue qui parlent.

Nous voilà au bout du monde, pensa l’homme. Je rêve depuis quinze ans à cet instant. » […]
L’âne atteignit le sommet de ce qui semblait être la dernière des collines du monde. C’est alors qu’ils virent Monteppucio. L’homme sourit. Le village s’offrait au regard de sa totalité. Un petit village blanc, de maisons serrées les uns contres les autres, sur un promontoire qui dominait le calme profond des eaux. Cette présence humaine, dans paysage si désertique, dut sembler bien comique à l’âne, mais il ne rit pas et continua sa route.

Violence, douceur, compassion, mélancolie, voilà ce qui nous est raconté dans ce livre.
Une famille se bat génération après génération pour garder la tête haute et lutter contre le mauvais sort. Elle le fait avec une volonté qui brise le cœur car les Scorta sont né de rien. Dès le commencement il n’y a pas même une once de bonheur et de joie dans leur vie. Il a fallut suer chaque jour pour construire leur avenir.

Tout se passe dans le petit village de Monteppucio. Les générations se succèdent, tout le monde se connait, tout le monde va se détester, se pardonner, se diviser, se déchirer, se reconstruire. Le temps va aider les cœurs à se forger, et les âmes à devenir plus belles. Car en Italie, dans les régions les plus reculées, il fait parfois bon vivre. Mais pas tout le temps.
Après la mort de Luciano, le premier des Scorta, sa fille et ses trois fils font la promesse de partager à leurs neveux et nièces un petit bout de leur savoir, un petit secret profondément enfouit. Et surtout, ils font une promesse encore plus belle, celle d’être heureux. D’être heureux ensemble, en famille.

Ils étaient maintenant tous épuisés comme après une bataille. Épuisés et heureux. Ils avaient joui, ensemble, d’un peu de vie. Ils s’étaient soustraits à la dureté des jours. Ce repas resta dans toutes les mémoires comme le grand banquet des Scorta. Ce fut la seule fois où le clan était au complet. […] Ils étaient tout à leur bonheur sous le regard généreux de Raffaele, que le spectacle de ses frères dégustant les poissons qu’il avait lui-même grillés faisait pleurer de joie.

L’auteur nous conte ces années difficiles avec une telle douceur que l’on ne peut pas détester les Scorta. On ne peut pas se détacher d’eux. On ne peut pas les haïr alors qu’on apprend qu’ils ont tué, pillé, dépouillé et brûlé leurs biens, leurs voisins…

La force qui unie la famille est plus forte que tout. Au fil des pages, on devient nous aussi un membre de la famille Scorta. On connait leurs faiblesses, leurs torts, leurs secrets, leurs envies. On sait tout d’eux, et on apprend à les aimer.
Comment ne pas les aimer après tout ce qu’ils ont vécut ? Comment ne pas partager leur cause quand le sort est contre eux ? Comment ne pas les aimer quand leur seul souci c’est d’être simplement heureux en famille ?
Tout est raconté avec poésie. Les mots choisis rendent plus doux la situation. On ressent vraiement cette volonté de protéger les siens. Les Scorta ne lâchent rien. Ils sont sous le ciel brûlant des Pouilles, et c’est là que chacun mourra en paix. Tous se souviendront des moments de joies passées  avec leur famille. Ces moments seront mêlés aux moments de douleur et aux échecs vécus. Mais aucun d’eux ne regrettera de ne pas avoir quitté Montepuccio et vu le monde.

Il lui fallait le ciel entier, plein d’étoiles mouillées  pour épancher sa mélancolie. Il ne demandait rien. Que le laisse simplement glisser au fil de l’eau en abandonnant dernière lui les tourments du monde.

« Domenico lâcha d’un ton sans appel un magistral « Ma van fan’ culo ! » qui fit rire sa sœur aux éclats.
Ils firent une halte sur le bord de la route et au fond ils étaient heureux de cette occasion qui leur était offerte de reprendre leur souffle et de contempler le bout de chemin qu’il restait à faire ».

Nous sommes Jeudi

II – Lui 

Il y a un un piano installé au cœur de la Gare Montparnasse. En descendant je l’ai vu. Ce piano droit avec touches nacrées. Une femme y jouait un air connu. Des regards intrigués, des applaudissements timides de voyageurs de passage dans la gare. Quand la femme eu quitté le tabouret je m’y suis installé.. Après quelques notes hésitantes qui ont raisonné dans tout le hall, je me suis lancé. Au détours d’une valse joyeuse une jeune femme s’est approchée. Plus curieuse et plus courageuse que les autres, elle s’est approchée tout près. De grands yeux foncés et un visage humide. Pourtant il ne pleut pas. Avec une toute petite voix, elle m’a demandé si je ne  connaissais pas un air triste à jouer au piano.

Un air triste ? Sans trop réfléchir j’ai entamé le canon de Pachelbel. Ses yeux Se sont remplis de larmes et un grand sourire s’est dessiné sur ses lèvres. Pendant que je jouais elle s’en est allé. Disparaissant avec ses larmes et son sourire.

Nous sommes jeudi. Au fil des années, je me suis aperçu que le jeudi rendait triste. Le jeudi apporte une touche de fragilité à nos vies suspendues.

Nous sommes jeudi et près du piano, une femme a souri.